Monsieur Teste

08/02/2022 Comentarios desactivados en Monsieur Teste

Paul Valéry, Monsieur Teste, Traducción de José Luis Arántegui, A. Machado Libros, Madrid, 2008

Edición original: Monsieur Teste, Éditions Gallimard, Paris, 1960

Edgar Degas, Portrait d’homme (1866)

La incoherencia de un discurso depende del que lo escucha.

Monsieur Teste se construye a sí mismo mediante el pensamiento. Piensa mucho y habla poco, porque cuando tiene algo para decir su pensamiento ya ha cambiado y porque busca la precisión en todo. Monsieur Teste es pura memoria y puro pensamiento.

El vendedor de alfombras

18/11/2021 Comentarios desactivados en El vendedor de alfombras

Mariano Fortuny, «El venedor de tapissos» (Museo del Monasterio de Montserrat)

Un profesor norteamericano y su esposa cuentan que en un pueblo de Capadocia les salió al encuentro un joven educado. Aunque por sus maneras obsequiosas se dieron cuenta de que se trataba de un vendedor de alfombras, como estaban cansados, aceptaron beber un vaso de té en su tienda, conviniendo de antemano en que no iban a comprar. Permanecieron allí tres horas, compararon las costumbres de americanos y turcos, tocaron temas de historia y política, el joven hablaba un inglés excelente.

-Vivimos un grato momento -asegura el profesor-. Compramos dos alfombras preciosas y a un precio muy conveniente, una ganga.

En Dalyan la mochilera tiene oportunidad de hablar con uno de los numerosos vendedores de alfombras que pululan por cualquier lugar turístico. Es un experto en psicología y un estudioso de las culturas, sabe cómo reaccionan latinos y gringos, de qué forma abordar a un japonés, las diferencias entre un italiano y un francés.

-Cuando entran en mi tienda no me interesa mostrarles la mercadería. Los interrogo acerca de su trabajo, el hotel donde alojan, las ciudades que visitaron… hasta que me armo un mapa de su psicología, del dinero que poseen y el que están dispuestos a gastar. En la siguiente hora conduzco la conversación hacia la cultura e historia de Turquía, les relato la vida de las comunidades aisladas, la forma en que trabajan la lana, el origen de los diseños. Por su propia cuenta comienzan a mirar las alfombras. Como sé la cantidad de dinero que llevan encima, mi labor consiste en guiarlos hacia los tapices que están a su alcance. Si no compran, no hay problema: lo que aprendí me servirá para convencer a otros clientes. Sin salir del pueblo, conozco el mundo.

Al llegar a este punto el vendedor se ausenta. Para no aburrirse, revisa las alfombras colgadas en los muros.

-¿Te gusta alguna?

-Te advertí que no vine a comprar.

– Y no quiero venderte. Sólo por curiosidad, dime ¿cuánto pagarías por esa? -señala la alfombra que estuvo observando la turista.

Le da una cifra extraordinariamente baja.

-Eres una mujer inteligente, eso me gusta-. Y propone una cifra más alta.

Una hora después el vendedor se queda con sus antiinflamatorios, algunas liras turcas y sus zapatillas de lona. Ella recibe a cambio una pequeña alfombra y la sensación de haber desbancado al casino.

CYNTHIA RIMSKY, «Poste restante»

Siesta

06/11/2021 Comentarios desactivados en Siesta

Francisco Bores, «L’Après-midi d’un faune» (1943)

Para mí la Siesta es el Llamado al Camino de la Evidencialidad Mística, y está en el ángulo de Oscuridad y Deslumbramiento, lo oscuro por reverberación, o sea la claridad del darse del Ser por supresión de la Figura y Rumbo que se nos antoja imposible. El mundo en Siesta no marcha; a la Noche las estrellas le ponen dirección de marcha. Por ello la Intelección prospera en la Siesta y no en la Noche.

(Pero esto ha de ser dado en versión, es decir en metáfora, no en definición. Quien tenga la metáfora de la Siesta, la dé. Yo se la pediré al gallo insomne de la Noche de la Siesta).

Hay que hacerle arte al místico, a la Pasión, pero no a lo Real, a la pasión de vivir.

MACEDONIO FERNÁNDEZ (1940)
Música: Claude Debussy, «Prélude à l’aprèsmidi d’un faune«

Le Faune:

Ces nymphes, je les veux perpétuer.
Si clair,
Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.

Aimai-je un rêve ?
Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois mêmes, prouve, hélas ! que bien seul je m’offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses.

Réfléchissons…
ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus
Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :
Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste
Comme brise du jour chaude dans ta toison ?
Que non ! par l’immobile et lasse pâmoison
Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,
Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte
Au bosquet arrosé d’accords ; et le seul vent
Hors des deux tuyaux prompt à s’exhaler avant
Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
C’est, à l’horizon pas remué d’une ride
Le visible et serein souffle artificiel
De l’inspiration, qui regagne le ciel.

O bords siciliens d’un calme marécage
Qu’à l’envi de soleils ma vanité saccage
Tacite sous les fleurs d’étincelles, Contez
« Que je coupais ici les creux roseaux domptés
« Par le talent ; quand, sur l’or glauque de lointaines
« Verdures dédiant leur vigne à des fontaines,
« Ondoie une blancheur animale au repos :
« Et qu’au prélude lent où naissent les pipeaux
« Ce vol de cygnes, non ! de naïades se sauve
« Ou plonge… »

Inerte, tout brûle dans l’heure fauve
Sans marquer par quel art ensemble détala
Trop d’hymen souhaité de qui cherche le la :
Alors m’éveillerai-je à la ferveur première,
Droit et seul, sous un flot antique de lumière,
Lys ! et l’un de vous tous pour l’ingénuité.

Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,
Le baiser, qui tout bas des perfides assure,
Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure
Mystérieuse, due à quelque auguste dent ;
Mais, bast ! arcane tel élut pour confident
Le jonc vaste et jumeau dont sous l’azur on joue :
Qui, détournant à soi le trouble de la joue,
Rêve, dans un solo long, que nous amusions
La beauté d’alentour par des confusions
Fausses entre elle-même et notre chant crédule ;
Et de faire aussi haut que l’amour se module
Évanouir du songe ordinaire de dos
Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,
Une sonore, vaine et monotone ligne.

Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne
Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m’attends !
Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps
Des déesses ; et par d’idolâtres peintures
A leur ombre enlever encore des ceintures :
Ainsi, quand des raisins j’ai sucé la clarté,
Pour bannir un regret par ma feinte écarté,
Rieur, j’élève au ciel d’été la grappe vide
Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide
D’ivresse, jusqu’au soir je regarde au travers.

O nymphes, regonflons des souvenirs divers.
« Mon œil, trouant le joncs, dardait chaque encolure
« Immortelle, qui noie en l’onde sa brûlure
« Avec un cri de rage au ciel de la forêt ;
« Et le splendide bain de cheveux disparaît
« Dans les clartés et les frissons, ô pierreries !
« J’accours ; quand, à mes pieds, s’entrejoignent (meurtries
« De la langueur goûtée à ce mal d’être deux)
« Des dormeuses parmi leurs seuls bras hasardeux ;
« Je les ravis, sans les désenlacer, et vole
« A ce massif, haï par l’ombrage frivole,
« De roses tarissant tout parfum au soleil,
« Où notre ébat au jour consumé soit pareil. »
Je t’adore, courroux des vierges, ô délice
Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse
Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair
Tressaille ! la frayeur secrète de la chair :
Des pieds de l’inhumaine au cœur de la timide
Qui délaisse à la fois une innocence, humide
De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.
« Mon crime, c’est d’avoir, gai de vaincre ces peurs
« Traîtresses, divisé la touffe échevelée
« De baisers que les dieux gardaient si bien mêlée :
« Car, à peine j’allais cacher un rire ardent
« Sous les replis heureux d’une seule (gardant
« Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume
« Se teignît à l’émoi de sa sœur qui s’allume,
« La petite, naïve et ne rougissant pas : )
« Que de mes bras, défaits par de vagues trépas,
« Cette proie, à jamais ingrate se délivre
« Sans pitié du sanglot dont j’étais encore ivre. »

Tant pis ! vers le bonheur d’autres m’entraîneront
Par leur tresse nouée aux cornes de mon front :
Tu sais, ma passion, que, pourpre et déjà mûre,
Chaque grenade éclate et d’abeilles murmure ;
Et notre sang, épris de qui le va saisir,
Coule pour tout l’essaim éternel du désir.
A l’heure où ce bois d’or et de cendres se teinte
Une fête s’exalte en la feuillée éteinte :
Etna ! c’est parmi toi visité de Vénus
Sur ta lave posant tes talons ingénus,
Quand tonne une somme triste ou s’épuise la flamme.
Je tiens la reine !

O sûr châtiment…
Non, mais l’âme
De paroles vacante et ce corps alourdi
Tard succombent au fier silence de midi :
Sans plus il faut dormir en l’oubli du blasphème,
Sur le sable altéré gisant et comme j’aime
Ouvrir ma bouche à l’astre efficace des vins !
Couple, adieu ; je vais voir l’ombre que tu devins.

Stephane Mallarmé, L’après-midi d’un faune (Églogue)

Los altos

16/10/2021 Comentarios desactivados en Los altos

Alberto Giacometti, «Homme qui marche II» (1960)

Las personas muy altas, aparte del horroroso inconveniente de andar siempre muy lejos de ellas mismas, notándose que caminan a grandes pasos para alcanzarse -yo no podría acostumbrarme a un destino tan travieso- llevan por esto, de continuo, las lastimaduras en la cabeza que todos hemos observado. Debe elegirse a tiempo la estatura “apenas alta”: es mi clasificación; tengo un modelo en casa. No estoy resentido con los altos: no he querido ese formato.

Macedonio Fernández, Una novela que comienza

Poema al astro de luz memorial

14/10/2021 Comentarios desactivados en Poema al astro de luz memorial

Marc Chagall, «En torno a ella»

(Yo todo lo voy diciendo para matar la muerte en «Ella»)

TESIS: Es más Cielo la Luna que el Cielo, si una Cordialidad de la Altura es lo que buscamos.


Astro terranalicio de la luz segunda astro terranalicio de la luz dulce que con aventura extraña visitas las noches de la tierra, unas sí y otras no, pero siempre de una noche para otra con diversa libertad de visita, siempre o más breve o más detenida y cada serie de tus visitas comienzas tímidamente y mitad decreces noche a noche y mitad decreces noche a noche, haciéndote un visitante diferente de noche en noche, para en mínimo ser cual comenzaste partir a un no volver de algunos días.
Astro terranalicio de un día sí y otro no, de una vez más y otra menos, pero que no dejas nunca de serlo.
¿Para qué astro eres entonces visita de sus noches, pues no eres terrenal en tus ciertas ausencias, o es que los otros días piensas en ti sola como sólo en la tierra en las noches de tu plena luz?
Dile a un poeta que no lo sabe todo, si está hecha tu ausencia con un pensar en ti, o quizá con un lucir a otro. Porque poeta es saberlo todo.
Trechos de tu órbita la tierra no los sabe, y ella tan cierta está de algún imposible tuyo para tenerse en sus noches y este amor alternante no se enduda, en tanto en mí, hombre de continuidad en humano amor me puso incurablemente en sospecha.
Pero te amamos tanto, astro de la luz segunda, tu dulce luz tanto amamos memorizando a la tierra el sol no presente con tu luz recuerdo; yo al menos te amo tanto, que cuando vuelves ceso de creer en tu ausencia de ayer y de otros días. También como la tierra, yo creo que sólo por imposible ayer no estabas.
Astro memorioso que esmeras un día de cada dos en tocar de diurnidad la noche terrenal, cual si supieras que la memoria solar de la tierra solaricia es desfalleciente de un día a otro alternado día y si antes y después le has de hacer noches diurnales a la tierra y lo haces tú, tú que no tienes olvido por ausencia, tú que ausente por noches fías en la memoria de ti por la tierra, inquiétaste por la memoria solar de la tierra.
Tutora de la fidelidad terrenal al recuerdo del sol, en eso eres solaricia; pero eres terranalicia en tu fidelidad de compañía a la órbita de la tierra.
He comprendido un misterio tuyo pero éste no.
Terranalicia tú, solaricia la tierra ¿es que velas por toda la memoria en el mundo y amas más las memorias, por más reales, que los presentes? Aquí callo sin comprender.
¿O es que no nos vienes en tu amor sino en un menos amor y en principal cuida del amor solario de la tierra?
Cuando te veo recién arribada, alcanzado por ti nuestro borde, pareciendo vacilar allí y como a emprender un rodar a lo largo del horizonte por gustarlo, y luego te pliegas a un ascenso ¿qué nos quieres decir así?
Quedemos sin saberlo hoy también; mañana, más tarde —para qué son nuestros días sino para trabajar más y otra vez los misterios— más enérgicamente, en buena hora de mi espíritu contemplaré, escucharé el misterio de tu sentido en el misterio todo.
Cuando tú quieres ser el ojo del ciprés y con un mirar obseso aferras nuestra contemplación debemos comprenderte dolorida, tanto como cuando nosotros en un no poder ya resistir nos revolvemos como tú ahora oh único astro que mira (pues todos los otros saetan ásperos de chispas que nunca miraron).
Oh único astro de mirada, nos revolvemos clamando hacia el no ser.
Y ya ahora te desprendiste del follaje y tiendes hacia el horizonte, te serenas, vagas y cuando la nubecilla en gran viento flota, te aguzas flecha disparada de ella vertiginosa para detenerte, serenarte cunado huiste bastante de aquel pasajero copo al que le opusiste tu fuga, caprichosa triste y complacida de tu juego y nuestro asombro, nos encaras con ligereza y en fin vas cayendo con ladeado mirar distraído hacia el borde del mundo.
Y ya te fuiste, con tus pobres dichas y quejas. En toda la andanza, sólo en el perfil de los cipreses lloraste, y tanto que pediste nuestra piedad. Y ahora por faltar tuyo un cielo sin mirada en las noches, ahora sólo habrá astros que agitan, no tú que acompañas.
Oh, sí, acompañas con cuántas gracias saltas de copa en copa siguiéndonos entre los árboles con tus saltitos de luz a sombras.
El único mirar dulce que viene de lo alto es el tuyo el chispear del viaje de indiferencia de las otras estrellas molesta y agita, y no nos mira.
Heridos de ellas, corremos a ti cuando apareces y con dolor nuestro comienza la ausencia tuya.
Sí; porque pudiera que el móvil chispear de las estrellas sea dolor como hay dolor en nosotros pero es que tú, luna, que también sufres, miras y acompañas.
Eres más sabia o afortunada en la mitigación participante.
Qué es la luna no lo sabemos hombres y aun artistas y poetas, qué sentido tiene su ser y sus modos, su adhesión a la tierra, su seguimiento al sol, su mediación mnemónica entre la tierra y el sol y por qué quiere hacer diurnales unas y no otras de las noches terrenas, y tantas cosas más neciamente explicadas, que de ella ignoramos pero que sólo puede explicarlas la doctrina del misterio.
Que el sol te atrae, que la tierra también, que recibes la luz del sol y sin amor, por fuerza la reflejas a la tierra, éstas no son explicaciones; no se nos dice por qué el sol brilla, por qué en torno suyo gira la luna en torno de la tierra, ya que pudo ser otramente; por qué hay una luz interceptable, por qué hay una luz que tiene sombras, por qué ceden a su paso unas cosas y otras no y hay lo opaco y lo traslúcido.
Mecánica dirá por qué, pero yo no pregunto sino para qué razón para el alma, pues conciencia se anula si admite un mundo rígido, y todo el porqué físico no es más que decirme el antes de algo, o sea una evasión no una respuesta.
Lo que anhelamos explicar es qué debemos sentir y adivinar ante estos hechos, ante el comportamiento lunar, qué nos quiere decir y de qué manera concierta con el misterio total único. La espontaneidad, el acontecer libre, no es una respuesta; es un renunciamiento explicativo.
Todavía no poeta, no soy poeta, no hay poeta, pues de eso no se sabe. Hasta ahora, pues, sólo vivimos.
Debió enseñarsenos y debimos entenderlo antes que nuestro saber ignorado innato y luego nuestro acto nos hicieran gustar por primera vez el pecho materno. ¿Pero cómo, se dirá, ha de esperar el niño a conocer el sentido de la luna para empezar a nutrirse, si en tanto morirá? ¿Pero por qué, digo yo, ha de precisar nutrirse antes de entender el sentido de la luna y se ha de morir si deja lo uno por lo otro? La ciencia nada explica, es evidente; pero el poeta no lo dijo nunca tampoco, aún.
Y yo miraré la próxima luna todavía sin entenderla.
Oh luna, que puede amarse, bien me pareces pobrecita del cielo.

Macedonio Fernández («Poemas», 1953)

Bibliografía:

Silvia

15/08/2021 Comentarios desactivados en Silvia

Thérèse revant (Balthus, 1938)

Descubrir al pintor Balthus es una revelación de la luz y la pureza. Contemplar, por ejemplo El sueño de Teresa en el Metropolitan Museum of Art, es sumergirse en un cuadro que irradia luz propia desde la placidez tensa de una pequeña ninfa y es situarse ante un estado de gracia fuera del tiempo.

Ana V. Clavel, Territorio Lolita

… Julio Cortázar nos ofrece una mirada más vaga y menos tipificada de la nínfula en su cuento «Silvia».

La vaguedad de esa mirada se presenta desde la aceptación de que el motivo que da origen al deseo es inasible, no sólo por el hecho de que el deseo sea en sí mismo escurridizo sino porque lo provoca una muchacha intangible como los sueños: Silvia.

Ana V. Clavel, Territorio Lolita

… algo que ni siquiera tuvo principio y sin embargo es sobre todo Silvia, esta ausencia que ahora puebla mi casa de hombre solo, roza mi almohada con su medusa de oro, me obliga a escribir lo que escribo con una absurda esperanza de conjuro, de dulce golem de palabras.

Julio Cortázar, Último round, «Silvia»

Silvia

Vaya a saber cómo hubiera podido acabar algo que ni siquiera tenía principio, que se dio en mitad y cesó sin contorno preciso, esfumándose al borde de otra niebla, en todo caso hay que empezar diciendo que muchos argentinos pasan parte del verano en los valles del Luberon, los veteranos de la zona escuchamos con frecuencia sus voces sonoras que parecen acarrear un espacio más abierto, y junto con los padres vienen los chicos y eso es también Silvia, los canteros pisoteados, almuerzos con bifes en tenedores y mejillas, llantos terribles seguidos de reconciliaciones de marcado corte italiano, lo que llaman vacaciones en familia. A mí me hostigan poco porque me protege una justa fama de mal educado; el filtro se abre apenas para dejar paso a Raúl y a Nora Mayer, y desde luego a sus amigos Javier y Magda, lo que incluye a los chicos y a Silvia, el asado en casa de Raúl hace unos quince días, algo que ni siquiera tuvo principio y sin embargo es sobre todo Silvia, esta ausencia que ahora puebla mi casa de hombre solo, roza mi almohada con su medusa de oro, me obliga a escribir lo que escribo con una absurda esperanza de conjuro, de dulce golem de palabras. De todas maneras hay que incluir también a Jean Borel que enseña la literatura de nuestras tierras en una universidad occitana, a su mujer Liliane y al minúsculo Renaud en quien dos años de vida se amontonan tumultuosos. Cuánta gente para un asadito en el jardín de la casa de Raúl y Nora, bajo un vasto tilo que no parecía servir de sedante a la hora de las pugnas infantiles y las discusiones literarias. Llegué con botellas de vino y un sol que se acostaba en las colinas, Raúl y Nora me habían invitado porque Jean Borel andaba queriendo conocerme y no se animaba solo; en esos días Javier y Magda se alojaban también en la casa, el jardín era un campo de batalla mitad sioux mitad galorromano, guerreros emplumados se batían sin cuartel con voces de soprano y bolas de barro, Graciela y Lolita aliadas contra Álvaro, y en medio del fragor el pobre Renaud tambaleándose con sus bombachas llenas de algodón maternal y una tendencia a pasarse todo el tiempo de un bando a otro, traidor inocente y execrado del que sólo habría de ocuparse Silvia. Sé que amontonó nombres, pero el orden y las genealogías también tardaron en llegar a mí, me acuerdo que bajé del auto con las botellas bajo el brazo y a los pocos metros vi asomar entre los arbustos la vincha de Bisonte Invencible, su mueca desconfiada frente al nuevo Cara Pálida; la batalla por el fuerte y los rehenes se libraba en torno a una pequeña tienda de campaña verde que parecía el cuartel general de Bisonte Invencible. Descuidando culpablemente una ofensiva acaso capital, Graciela dejó caer sus municiones pegajosas y terminó de limpiarse las manos en mi pescuezo; después se sentó imborrablemente en mis piernas y me explicó que Raúl y Nora estaban arriba con los otros grandes y que ya vendrían, detalles sin importancia al lado de la ruda batalla del jardín.

continuar leyendo

Breve de un baúl

21/06/2021 Comentarios desactivados en Breve de un baúl

René Magritte, «La llave de los campos» (1936)

Juan Carlos Quiñones, «Breve de un baúl», Breviario, Isla Negra editores, 2002.

Breve de un baúl

«La desgracia del hombre se debe a que no quiere
permanecer en su habitación, que es su hogar».

PASCAL, Pensamientos

Anoche soñe que traspasaba un umbral y que en el instante exacto de traspasarlo algo me traspasaba, como si yo fuera el umbral de algo que traspasaba un umbral.

Entonces desperté.

El cuarto, pues, como siempre. Cuatro paredes de madera, un techo cóncavo y un suelo liso, ambos también de madera, y una sola ventana por la que nunca se me había ocurrido asomarme. Siempre otras cosas me ocupaban.

Y el baúl. Dispuesto en una esquina de cuarto, como siempre. Impávido, como siempre.

Todos hemos sentido alguna vez ese mordisco, leve y casi imperceptible, de unos ojos que nos miran de reojo. Unos ojos que no vemos, pero que intuimos con la piel, casi siempre con la piel rosada de la nuca, espiándonos furtivos. Así me pasa a mí con mi baúl, pero distinto. Siempre sospecho que algo en sus entrañas no me mira, pero puede mirarme. Que algo en su interior no ha decidido asomarse por el ojo de la cerradura a otearme las espaldas, quizás porque se dedica con empeño a oscuras maquinaciones que no le permiten el tiempo de asomarse, de echarme el ojo por el ojo de la cerradura.

Tengo que confesar que no sé qué me aterra más: si descubrir en mi nuca la saeta fría de su mirada desde allí, desde el ojo de su cerradura (porque digo: ninguna mirada es inofensiva. Toda mirada lleva a rastras una intención, generalmente una intención terrible.) o dedicar mi cogitación a descifrar la actividad de sus maquinaciones silenciosas. Porque entonces presiento que sus maquinaciones me implican, me comprometen, ya es imposible negarlo: entonces estoy seguro de que soy el objeto, la víctima de sus crueles planificaciones.

Lo imagino (al incógnito habitante de mi baúl) allí, atrapado o resguardado por la madera que lo encierra, acompañado por todos los demonios, trasteando con los pedazos de Dios, completando el plan infame que realiza quién sabe desde cuándo para dar el último toque y entonces suspirar ¡eureka! y asomarse al fin por el ojo del baúl con su ojo contaminado de su plan para flecharme la nuca y realizarlo.

Es por esto (porque es imposible respirar bajo el dictamen del terror) que hoy me he apertrechado de fuerzas y he maquinado un plan vicario, atrevido, quizás suicida. Hoy me propongo a abrir el baúl.

Estoy buscando la llave. En esta tarea me ocupo, y no me rendiré hasta haberla realizado. Recorro todas las avenidas de este mi laberinto de madera y de aire oscuro y viciado, acaricio el suelo pulido con los ojos, registro las cuatro esquinas de mi cuarto sin resultados. Agotado el espacio de mi cuarto recurro a investigar mi propio cuerpo desnudo, me palpo entero y cuando alcanzo mi nuca mis manos se posan ávidas en la continuidad de una cadena fina que rodea mi cuello. Con el terror que causa la esperanza mis dedos persiguen la cadena hasta encontrarse con un tubo de metal dentado que reposa sobre mi pecho pendiendo de la cadena. Eureka eureka, he encontrado la llave. Entonces suspiro y meto la llave en la cerradura del baúl y algo grande y brilloso y con dientes violenta el cuarto a través de la ventana y entonces yo soy el baúl y una llave tubular, aserrada y perfecta entra por mi boca, entonces me abro de par en par y de mi cuerpo de madera traspasado nacen al mundo todos los demonios, todos los pedazos de Dios.

La multiplicación de los borregos

20/06/2021 Comentarios desactivados en La multiplicación de los borregos

Francis Alÿs, «Cuentos patrióticos»

Una metáfora muy acertada de los tiempos que vivimos…

La mano podrida

20/06/2021 Comentarios desactivados en La mano podrida

Tessa Mars, «A vision of Peace. Harmony and Good intelligence» (2020)

Juan Carlos Quiñones, «La mano podrida», Ámbito de encuentros, Vol. 7, Núm. 2, 2014, pp. 77-80

La mano podrida

a Marta Aponte, a Pedro Cabiya

Esto no es lo que parece. Así le habló mi tía al señor que salió en pantalones cortos, chancletas y descamisado de la casa que hace esquina en la calle Texidor. Mi tía estaba encaramada en el tronco de una palma Rabo de Zorra-Foxtail (Wodyetia bifurcata) que estaba sembrada frente a la casa del señor, que era barbudo. Por favor, déjeme explicarle, le rogó mi tía al señor. Los pies descalzos de mi tía se aferraban al tronco de la palma aproximadamente a 3 pies del suelo. El señor no sabía si mi tía se estaba trepando a la palma o se estaba apeando de la palma. Las alpargatas rosa salmón de mi tía reposaban en la grama al pie de la palma, una volteada sobre la otra. El señor le estaba apuntando a mi tía con una escopeta.

Yo no sabía si aquello se estaba subiendo a la palma o se estaba bajando de la palma. Esta confusión contaba el señor que vivía en la casa que hace esquina en la calle Texidor, días y hasta meses después de haber ocurrido el incidente. Yo estaba en la sala, semi-dormido en la butaca, decía. Entonces escuché ruido afuera, como un remeneo de pencas al frente de la casa, por donde estaba la palma. Me despabilé, me puse las tenis así sin medias, busqué el arma al fondo del clóset en el cuarto y salí para afuera sigiloso. Salí así mismo, en cortos y sin camisa. Pensé que podía ser un pillo, aclaró. Y entonces fue que vi aquel bulto encaramado en la palma. Había luna llena, pero aun así no se podía ver muy bien. Creo que a la luna la tapaban unas nubes, que sé yo. Como en las películas de miedo. Apunté con la pistola y grité ¡Hey! ¿Quién anda ahí? Yo juro que no creo en fantasmas ni en chupacabras ni en espíritus de difuntos ni en marcianos ni en nada de esas cosas. Pero ahí, confesó el señor, yo no sabía si aquello era gente.

Tenía que haber luna llena. Esto recordaba una adivina que vivía en el caserío Luis Llorens Torres haberle dicho a mi tía el día que esta la fue a visitar pidiéndole ayuda para recuperar a su marido que se había largado de la casa tras una garata. A aquella anciana hechicera la apodaban “La Nigromanta”, y era famosa por sus talentos de ultramundo en el caserío y aún más allá, por otros lugares. Sí. Luna llena, me repetía la bruja que le repetía a mi tía como parte de las instrucciones minuciosas para realizar el ensalmo que, de tener éxito, le devolvería a mi tía el esposo que se le había huido. Todo esto me lo contaba esa vieja mientras resoplaba humo de tabaco por las narices y escupía ron por la boca alternadamente. Estas exhalaciones se debían a que la vieja estaba practicando otro procedimiento de brujería mientras me narraba esta historia. El Rescatamaridos, me dijo que se llamaba el sortilegio que le había recomendado a mi tía por cinco pesos. Que ella no hacía aquello por dinero, sino por ayudar a la humanidad con su don. Y que la mano tenía que estar bien pero que bien podrida, añadía. Que mi tía tenía que treparse en una palma y meterla bien para adentro en el centro de la corona. Bien podrida, reiteraba la La Nigromanta mientras asentía con la cabeza, los ojos bien apretados para enfatizar. Porque la hediondez espiritual cautiva y atrapa a los entes malos y enjundiosos que llevan a los maridos al extravío igualito que la peste pertinente al olfato atrae a las moscas materiales.

Mire, es que mi marido me abandonó. Este fue el principio de la explicación que le dio mi tía al señor lampiño que salió sin camisa, en pantalones cortos y chancletas de la casa que hace esquina en la calle Golondrina luego de que ella se hubo desmontado de la palma Catechu (Areca Catechu) que estaba plantada frente a la casa del señor. Como este le estaba apuntando a mi tía con una ametralladora AK-47 ella levantó las manos y, con las palmas hacia el frente y los pies calzados con sus alpargatas color turquesa lamé plantados al pie de la palma, continuó contándole al señor su triste historia. Me abandonó por una pelea boba que tuvimos ahí. Y como no lo iba a dejar perder así como así, 25 años de casados cumplidos el pasado abril, usted entiende, yo me fui para el caserío de Lopez Sicardó a buscar a una doña a la que mentaban La Bruja del setenta y uno porque vivía en el apartamento número setenta y uno del caserío y que tenía fama de eficaz en embrollos de amor o de maridos. Cuando la encontré le pedí que me diera la receta de un fufú para recuperar a mi hombre. Entonces ella me dio las instrucciones para el conjuro de la mano de guineo podrida, le explicó mi tía al señor. Y es por eso que yo estaba trepada en esta palma, introduciendo la mano de guineos podrida en el cogollo, finalizó mi tía posando la palma de su mano en el tronco de la palma. El Vuelvemacho, me dijo la Bruja que era el nombre del hechizo. ¿Usted comprende?

Entonces el señor con el bigote claramente todo lo comprendió. Esto me manifestó mi tía, suspirando como seguramente suspiró de alivio aquella noche. Que ahí el señor bajó la Glock 9 milímetros con la que le había estado apuntando y le dijo que le diera gracias al Altísimo por su suerte y que maldijera a la gitana diabólica aquella, ya que en un par de segundos más él hubiera halado el gatillo de su arma y de seguro la habría matado. Y que se largara de allí antes de que él se arrepintiera y le pegara el tiro que antes no le había pegado. Y vieja loca, agregó mi tía que le gritó el señor. Pero que aquello del Regresapacá con la mano podrida había sido remedio santo, ya que su marido se reconcilió con ella al día siguiente de ocurridos aquellos hechos y regresó a la casa. ¿Ves Juan Carlos?, finalizó regañándome mi tía, y tú que no crees ni quieres creer ni en la luz eléctrica.

Esto no es lo que parece. Así le hablé al señor que salió en pantalones cortos, chancletas y descamisado de la casa que hace esquina en la calle Texidor. Practicando el procedimiento, yo me había apoderado de las riendas del alma de la tía de uno al que algunos llaman Bruno Soreno en este plano. Yo hablaba por la boca de ella. Ella estaba subida en el tallo de una planta que estaba sembrada al frente de la casa del señor. Ella descendía por aquella liana gruesa, tras haber depositado la ofrenda obligatoria en la copa de aquel árbol, pero esto el señor no lo sabía. Ella había hecho esto y todo lo demás siguiendo las instrucciones que yo le había dictado por boca de otra a la que llamaban La Nigromanta en esta ubicación, cuya alma yo había usurpado mediante el empleo del procedimiento. Por favor, déjeme explicarle, le dije al señor por la boca de la tía de aquel al que nombraban Bruno. Yo ejercí el procedimiento para apropiarme del alma de la tía de aquel al que le decían Bruno porque el señor le estaba apuntando con un instrumento de aniquilación. Sabido es por los como yo que si el cuerpo sometido sucumbe, su alma escapa y se lleva al que la posea al nunca para siempre. Esto era inaceptable. Sabido es además por los como yo que la ejecución del procedimiento distorsiona la percepción de la realidad en el teatro de operaciones. Y esse est percipi, dijo otro de los como yo en un tiempo distinto por boca de uno al que llamaban “El Obispo” en este territorio. Los propósitos últimos de estas intervenciones anímicas seguirán ignotos por el momento. Por el momento, sólo se sabrán imprescindibles. Mi nombre verdadero es Xioborrrrrrr, y vengo de otro lugar.

El crucificado

17/06/2021 Comentarios desactivados en El crucificado

Salvador Dalí, «Crocifisso» (1954)

Por ejemplo, tengo un relato, «El crucificado», que nació de una perturbación de este tipo, aunque no provenía de un ensueño. Noté que desde hacía unos días tenía un crucificado en la mente; alguien que estaba permanentemente con los brazos abiertos. En realidad no descubrí que se trataba de un crucificado hasta que me detuve a examinar esa imagen perturbadora, porque era alguien que estaba vestido, se notaba claramente que tenía puesto un saco viejo. Examinándolo, descubrí que debajo del saco, estaba clavado a restos de una cruz de madera, y en seguida me puse a trabajar en ese relato. Otro relato, «Las sombrillas», surgió de una frase escuchada en un sueño: «Nohaymar». En el sueño, una niña saltaba sobre una cama y decía algo así como «nohaymar», o más bien yo escuchaba «noaimar». Mientras me duchaba me vino esa imagen y esa frase, y concluí que quería decir «no hay mar», y al terminar de ducharme ya tenía un relato bastante estructurado. También la novela Desplazamientos surgió de la breve escena de un sueño: una mujer en ropas menores que lavaba platos en una cocina. Me llevó como dos años sacar a la luz todo el mundito que encerraba esta imagen. Y por si te interesan los fenómenos parapsicológicos, te cuento una anécdota acerca de «no hay mar»: días después de escrito el cuento, me encuentro con un amigo que me cuenta que más o menos simultáneamente él a su vez había estado escribiendo un cuento, y que se le había infiltrado un personaje con una fuerza obsesiva. Este personaje se llamaba «Mariano». Como te habrás dado cuenta, «Mariano» es un perfecto anagrama de «noaimar».

Mario Levrero, «Entrevista imaginaria con Mario Levrero«

Mario Levrero, «El crucificado»

El crucificado


A Nilda y Mario

Fue lo bastante astuto o estúpido como para deslizarse entre nosotros sin hacerse notar, y cuando Eduardo lo advirtió tuvo que aceptarlo, porque había una ley tácita de que las cosas debían permanecer o desenvolverse así como estaban o transcurrían; si en cambio hubiera pedido permiso, sin duda lo habríamos rechazado.
Tenía pocos dientes, era flaco y barbudo, muy sucio, la cara amarronada, de transpiración grasienta, y el pelo enmarañado y largo. Un olor mezcla de halitosis, sudor y orina. Llevaba un saco hecho jirones, demasiado grande, y pantalones mugrientos y rotos. Lo que en él más llamaba la atención, sobre todo al principio, era la posición de los brazos perpetuamente abiertos y rígidos. Después se supo que tenía las manos clavadas a una madera y, examinándolo más a fondo, descubrimos que la madera formaba parte de una cruz (cubierta por el saco), rota a la altura de los riñones, y que terminaba cerca de la nuca. Las heridas de las manos estaban cicatrizadas, una mezcla de sangre seca y cabezas de clavos oxidados.
Al reconstruir la historia, imagino que alguien, y supongo quién, le alcanzaría algo de comer; porque la posición de los brazos le impedía pasar por el agujero que daba al comedor, y siempre estaba, por lógica, ausente de nuestra mesa. Yo me inclino a pensar que en realidad no comía.
En ese entonces estábamos dispersos y desconectados, no se llevaba ningún control ya sobre las acciones de nadie, y apenas Eduardo, de vez en cuando, sacaba cuentas. Hablábamos poco, y el Crucificado no llegó a ser tema. Sospecho que todos pensábamos en él, pero por algún motivo no lo discutíamos. Don Pedro, el más ausente, siempre en babia o con su juego de bolitas metálicas, fue el único que en un principio se le acercó, para advertirle con voz un tanto admonitoria que tenía la bragueta desabrochada. El Crucificado esbozó algo parecido a una sonrisa y le dijo que se fuera a la putísima madre que lo recontramilparió, con lo cual el diálogo entre ellos quedó definitivamente interrumpido.
Se mantenía al margen, con esa pose de espantapájaros, y más de una vez pensé con maldad en sugerirle que cumpliera esa función en los sembrados (que dicho sea de paso habíamos descuidado bastante; sólo la gorda se ocupaba del riego, pero a esa altura ya no valía la pena).
De noche entraba al galpón, necesariamente de perfil por lo estrecho de la puerta y le daba mucho trabajo tenderse para dormir. Al fin me decidí a ayudarlo en este menester, cosa que nunca me agradeció en forma explícita, y no imagino cómo se levantaba por las mañanas, porque yo dormía hasta mucho más tarde.
Era por todos sabido que el 1° de setiembre Emilia cumpliría los quince, y se aceptaba sin discusión que sería desflorada por Eduardo, como todas ellas. Después Eduardo se desinteresaba, y las muchachas pasaban, o no, a formar alguna pareja más o menos estable con cualquiera del resto.
Emilia era la más deseable y desarrollada: sus 14 años y nueve meses nos tenían enloquecidos. Ella, sin altanería coqueta, dejaba fluir su indiferencia sobre nosotros, incluyendo a Eduardo.
Tenía el pelo negro mate, largo y lacio, un rostro ovalado perfecto, ojos grandes y verdes, y un perfume natural especialmente turbador.
El 21 de julio, a la madrugada, me despertó el revuelo infernal, inusual, del galpón. Cuando logré despejarme vi que estaban en la etapa de fabricar los grandes objetos de madera. Habían encontrado a Emilia montada encima del Crucificado, los dos desnudos. Ahora, a ellos los tenían sujetos, por separado, con cables de antena de televisión. La gorda se ocupaba de los discos, doña Eloísa, baldada como estaba, se había levantado gozosa a preparar mate y tortas fritas, Eduardo dirigía las operaciones, un hervidero de gente en actividad febril.
Finalizados los preparativos la gorda puso la Marsellesa, y a ellos les desataron los cables y cargaron a Emilia con las dos cruces, porque evidentemente el Crucificado no tenía cómo cargar la suya nueva. A mitad del camino del cerro comenzó a insinuarse el amanecer. Era un cortejo nutrido y silencioso, y yo iba a la cola y no pude ver bien lo que pasaba, pero era evidente que les tiraban piedras y los escupían. Algunos transeúntes casuales se sumaron al cortejo, otros siguieron de largo. Yo no estaba conforme con lo que se hacía, pero no es justo que lo diga ahora; en ese momento me callé la boca.
Trabajaron como negros para afirmar las cruces en la tierra, en especial la de Emilia, que era en forma de X. A ella le ataron las muñecas y los tobillos con alambre de cobre, a él simplemente le clavaron la madera de su cruz rota sobre la nueva.
Los pusieron enfrentados, muy próximos entre sí, como a un metro y medio o dos metros. Emilia tenía sangre seca en las piernas y magullones en todo el cuerpo. El cuerpo del Crucificado era una mezcla imposible de marcas viejas y nuevas, cicatrices y cardenales.
Los demás se sentaron sobre el pasto. Comían y escuchaban la radio a transistores. Don Pedro jugaba con sus bolitas. Yo busqué la sombra de un árbol cercano, y miraba el conjunto con mucha pena, y también remordimientos.
Me quedé dormido. Cuando desperté era plena tarde. La escena seguía incambiada. Me acerqué y vi que se miraban, el Crucificado y Emilia, como hipnotizados, los ojos de uno en los ojos del otro. Emilia estaba más linda que nunca, y sin embargo no me despertaba ningún deseo. Los otros se sentían incómodos. De vez en cuando, sin ganas, proferían insultos o les tiraban piedras o alguna porquería, pero ellos parecían no darse cuenta.
Alguien, luego, con un palo, le refregó al Crucificado una esponja con vinagre por la boca. El Crucificado escupió y después dijo, con voz clara y joven que no puedo borrar de mi memoria:
—La otra vez fue un error, me habían confundido, ahora está bien.
Y ya nadie los sacó de mirarse uno a otro, y parecían hacer el amor con la mirada, que se poseían mutuamente, y nadie se animaba ya a decir o hacer nada, querían irse pero no podían, nos sentíamos mal.
Al caer la tarde Emilia había alcanzado el máximo posible de belleza, y sonreía. El Crucificado parecía más nutrido, como si hubiera engordado, y la sangre empezó a manar de sus viejas heridas de los clavos en las manos y de las cicatrices que nunca habíamos notado en los pies; también, por debajo del pelo, manaban hilitos rojos que le corrían por la frente y las mejillas. El cielo se oscureció de golpe. El Crucificado volvió a hablar.
—Padre mío —dijo— por qué me has abandonado.
Y después rió.
La escena quedó estática, detenida en el tiempo. Nadie hizo el menor movimiento. Hubo un trueno, y el Crucificado inclinó la cabeza muerto.
Todos parecían muertos, todos habían quedado en las posiciones en que estaban, la mayoría ridículas. Don Pedro con un dedo metido en la caja de las bolitas.
Me acerqué a la cruz de Emilia y le desaté los pies y las manos, con un trabajo enorme para que no se me cayera y se lastimara. Ella seguía como hipnotizada, la sonrisa en los labios y con su nueva belleza que parecía excederla, como un halo.
Sin querer tuve que manosearla un poco para sacarla de allí; pensé que debería sentirme excitado, pero no era posible, era como si yo no tuviera sexo. A pesar de mi tradicional haraganería la cargué en mis brazos, como a una criatura, y la llevé a la casa. Fue un camino largo, penoso, que mil veces quise abandonar por cansancio, y sin embargo no podía detenerme. Tenía los brazos acalambrados y me dolía la cintura, transpiraba como un caballo. En el galpón la deposité en la cama de Eduardo, que era la mejor, y después me tiré en el suelo, en mi lugar de siempre.
Al otro día Emilia me despertó con un mate. Yo lo tomé, todavía dormido, y después advertí que seguía desnuda y sonriente.
—¿Y ahora qué hacemos? —le pregunté cuando estuve más despierto. Pensaba en el cadáver del Crucificado, en toda la gente momificada allá, en el cerro. Ella se encogió de hombros y me respondió con voz infinitamente dulce:
—Ya nada tiene importancia.
Hizo una pausa, y agregó:
—Espero un hijo. Nacerá dentro de tres días.
Noté, en efecto, que su vientre se había abultado en forma notoria. Me asusté un poco.
—¿Busco un médico? —pregunté, y me contestó con la voz clara, grave y joven del Crucificado.
—No tienes más nada que hacer aquí. Ve por el mundo y cuenta lo que has visto.
Y me dio un beso en la boca.
Fui al casillero y saqué los guantes blancos y el pullover; me los puse.
—Adiós —dije; y Emilia, sonriendo, me acompañó hasta la puerta. Era un día primaveral y fresco, lleno de luz, hermoso. A los pocos pasos me di vuelta y miré. Ella seguía en la puerta.
No me hizo adiós con la mano. Pero más tarde, en el camino, descubrí que hacía jugar los dedos de mi mano derecha con el tallo de una rosa, roja.

¿Dónde estoy?

Actualmente estás explorando la categoría arte en emak bakia.